Mais sache petit pervers, que le naturisme au contraire n'a rien de pervers, et c'est ce que nous avons appris au cours de ces vacances. C'est d'ailleurs pour cela que ce n'est pas un article du dimanche.
Tout commence sur Folegandros, alors que nous avons nous dirigeons vers une plage déserte, avec des amis rencontrés le matin même dans le camping. Alors que notre récompense - l'eau fraîche - nous attend, tout le monde se met prestement en tenue de bain, quand un de nos nouveaux amis s'enfuie à l'eau en tenue d'Adam après nous avoir demandé si ça ne nous gênait pas. Et ça ne nous gênait pas, bien entendu.
Arrivé devant l'eau, je propose naturellement à mon chéri d'enlever nos maillots. J'ai moi-même été à poil sur des plages quelques rares fois dans ma vie, et j'en garde un souvenir des plus plaisants. Mon chéri se laisse convaincre, et nous ressentons pour la première fois du voyage le contact de l'eau si particulier quand on se baigne nu.
De retour sur les serviettes nous enfilons nos maillots, et la journée se déroulera de cette façon. Le lendemain matin, alors que nous sommes seuls sur la plage, pratiquement sans se poser la question, nous allons à l'eau à découvert. Il y a vraiment quelque chose d'unique à se baigner nu. Une impression plus forte de liberté, et de totale symbiose avec la nature.
L'après-midi même nous décidons de rejoindre nos amis sur une plage. Elle est naturiste. Et mon chéri, qui hier se faisait prier, n'hésite aujourd'hui pas une seconde et m'attend, dans le plus simple appareil un masque à la main, alors que je ne suis pas encore déshabillé, pour aller à l'eau.
Cette fois la plage n'est pas vide, et on sent parfois les regards sur nous. Et c'est là où nous apprenons tout du naturisme. (Presque) Aucun des regards n'est pervers ou insistant, il n'y a rien de lubrique à se promener les roubignolles au vent, tout le monde est là pour la même chose : être à poil, et tranquille.
Et si parfois on sent que quelqu'un nous dévisage du service trois pièces, c'est du même ordre que dans la rue habillées, lorsque deux nanas se reluquent leurs poitrines, pour comparer. Car la comparaison est humaine.
Et sur ce point, se baigner dans l'eau froide offre au moins cet avantage : si en entrant dans l'eau certains s'en tirent mieux que d'autres, en en sortant tout le monde est logé à la même enseigne, les boules rabougries plaident leur cause pour rentrer dans l'aine, le froid raccourcit les choses, ce n'est pas un mythe.
Et lorsqu'on se retrouve en groupe, nus, à parler de choses et d'autres, les bâtons sont rompus, et plus rien ne paraît déplacé.
Lorsque nous sommes arrivés sur Sifnos, les plages n'étaient pas naturistes, et ce fut, je dois l'avouer assez dur de remettre les maillots de bains (qui étaient fort beaux, rappelez-vous). D'un coup ils devenaient trop serrés, gênants, et on les aurait volontiers enlevés pour sécher plus vite.
C'est pourquoi lorsque nous sommes arrivés sur notre dernière île, Sérifos, dont le camping jouxtait une superbe plage naturiste, nous y avons élu domicile pour 5 jours, la plus grande étape de notre voyage. Là encore, pas de pervers, mais plutôt des couples, jeunes ou vieux, et souvent des gens très agréables.
Du coup, ne nous demandez pas de voir la marque de notre bronzage, on n'en a plus !


