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4 févr. 2015

#535. After de Anna Todd (où quand je suis re devenu une midinette)

Est-ce que vous avez entendu parler de ce phénomène ? Anna Todd et sa série After ?

La jeune fille, Texane de 25 ans, a écrit depuis son téléphone portable, sur l'interface en ligne Wattpad. Répondant à ses fans et tenant en compte leurs réactions pour continuer à écrire, sa série a été téléchargée plus d'un milliard de fois dans le monde, et est sortie il y a un mois en français.

Quand même !


A la base, il s'agissait d'une histoire d'amour entre une jeune fille bien comme il faut qui débarque à l'Université et un beau gosse dark et tatoué, inspiré d'Harry Styles, un des choupinous de One Direction. La référence sera supprimée au moment de la correction du roman pour publication.

L'histoire est tout à fait dans la mouvance des "Twilight", "Hunger games" ou "Divergeante", avec un petit côté "50 shades", parce que ça parle de cul. Et pas qu'un peu. Et bien que n'étant pas vraiment très intéressé par les amours entre une vierge un peu coincée et un punk mignon, et ben je vous avoue que je me suis laissé avoir.

Incapable de lâcher ma tablette dans le métro, j'étais parfois tellement dedans que je me suis trompé de station une fois, que je me suis pris un mur une autre fois, et que je me suis mis à rire tout seul plusieurs fois. Et je ne vous parle pas des moments où je rougissais.


Parce que tout hétéro que l'héroïne puisse être, garçon ou fille on s'identifie à la jeune Tessa, et franchement, j'aurais bien aimé aussi me le faire ce bel Hardin...

On est midinette, ou on ne l'est pas !

Et ça tombe bien, parce que - pas folle la guêpe - Anna Todd ne s'est pas arrêtée à un bouquin, il y en a déjà 3 ! Bon j'avoue quand même qu'à la fin, on en a marre de ses réactions débiles et que c'est un tout petit peu tout le temps la même chose.

Et le truc énervant, c'est de se dire que c'est chiant, mais d'être vraiment en manque la prochaine fois ou tu montes dans le métro, parce que quand même, tu veux savoir la suite. Quant à se taper les trois, je sais pas...

After, en vente sur Amazon, version papier ou numérique

Et vous ? Vous l'avez lu ? Vous vous êtes pris un mur ?

18 oct. 2014

#504. Folle de lui - Le dernier Bridget Jones par Helen Fielding

14 ans après le dernier tome, Helen Fielding a remis ça. Mais comme le dit l'adage, jamais deux sans trois, c'était donc prévisible. Voici donc revenir Bridget et ses aventures toujours aux limites de l'improbable, dans sa quête de l'amour.


Que faire lorsque votre toy boy fête ses 30 ans le soir où votre meilleure amie célèbre ses 60 ans ? Est-il moralement condamnable d'aller chez le coiffeur quand vos enfants ont attrapé des poux ? Est-ce mal de tricher sur son âge sur les sites de rencontre ? 

Confrontée à ces graves problèmes, et à quelques autres non moins angoissants, Bridget relève courageusement le défi d'élever seule ses deux jeunes enfants, d'apprendre à maîtriser tweets et textos et, surtout, redécouvre sa sexualité à l'heure de - aïe ! le mot qui fâche - l'âge mûr. 

Si vous avez lu (ou regardé - ou les deux) les précédents Bridget Jones, vous la retrouverez fidèle à elle-même. La jeune femme est passée femme mûre. De célibataire elle est maman solo avec deux enfants. Toujours à la recherche d'un amour véritable.

Pour ma part je n'avais pas lu les précédents tomes, mais uniquement vu les adaptations. Et à la lecture de ce dernier épisode, je me suis dit : "Ça se lit comme ça se regarde..." En effet le style est vraiment très abordable, ça se lit très vite. C'est de la lecture facile.


Ceci dit c'est très récréatif (et c'est ce qu'on demande à Bridget, non ?) et imagé. On sent bien que l'auteure imagine dès la sortie du livre sa future adaptation.

Extraits d'un dialogue entre Bridget et son (futur) toy boy : 
"Vous êtes beaucoup plus jolie que sur votre photo.
- Roxter, ma photo est celle d'un œuf*.
- Je sais. 
- Vous n'avez pas eu peur que je sois un travesti de cent kilos ? 
- Si. J'ai huit de mes colocs planqués dans le bar pour me protéger. 
- Impressionnant. Moi j'ai une troupe de tueurs à gages gays alignés devant toutes les vitrines de l'autre côté de la rue au cas où vous essaieriez de m'assassiner et de me manger. 

Le roman est vraiment transposé en 2014. Les références à notre époque sont nombreuses. De Kate & William en passant par Hunger Games, Cheryl Cole, Gwyneth Paltrow ou l'histoire du cheval dans les lasagnes...

Seuls points négatifs : 
D'une part un peu avant la moitié du livre j'avais deviné la fin de l'histoire. Un peu bateau, le scénario. D'autre part, même si c'est trop mignon de retrouver la Bridget qui se tâche dès qu'elle a un cornet de glace dans les mains, celle à qui il arrive des bourdes pas possibles en permanence, les gags sont répétitifs. On se demande un peu si elle a évolué pendant ces 14 dernières années.

Mais je ne vais pas faire ma diva. C'est une lecture fun, que j'ai dévoré en moins de deux jours et que je conseille. Et j'avoue, je regarderais le film. C'est sûr.

Bridget Jones - Folle de lui - de Helen Fielding. Aux éditions Albin Michel. 21,50€

* La photo de profil de base sur Twitter est un œuf.

13 oct. 2014

#502. Les visages de Jesse Kellerman

Une amie m'a conseillé ce livre il y a un moment. Je l'avais noté sur une liste... et jamais acheté. Jusqu'à il y a quelques semaines, où je l'ai trouvé en format électronique. Et ce livre m'a fait une partie de mon voyage outre-Atlantique.

Lorsqu'Ethan Muller, propriétaire d'une galerie, met la main sur une série de dessins d'une qualité exceptionnelle, il sait qu'il va pouvoir enfin se faire un nom dans l'univers impitoyable des marchands d'art. Leur mystérieux auteur, Victor Cracke, a disparu corps et âme après avoir vécu reclus près de quarante ans dans un appartement miteux de New York. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c'est le travail d'un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d'enfants victimes, des années plus tôt, d'un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bientôt virer à l'obsession. 


Alors déjà, qu'on soit clair, je ne suis pas au top de l'actu. Ce livre est sorti en 2009, premier livre de l'auteur, fils de deux écrivains. Depuis il écrit un livre par an, et la lecture de ce premier m'a donné envie de lire les autres.

L'histoire est donc un polar, et je ne peux pas vous en raconter grand chose sans vous dévoiler des pans de l'histoire. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que j'ai beaucoup aimé le style de l'auteur. Le personnage principal se place dès le départ en narrateur de l'histoire et nous emmène dans son histoire, sa famille.

Plus qu'un thriller, il s'agit bien d'un roman dont les personnages sont travaillés, leurs personnalités complexes disséquées. On comprend que l'auteur sort de psycho à Harvard. Car dans ce roman on rentre dans une famille, dont les rapports entre homme et femme, père et fils sont tous très compliqués.

Seul bémol, le dénouement se fait trop tôt dans le roman et la fin du livre est donc un complément de détails qui nous aident à comprendre. On est moins dans l'attente, le suspense, l'envie de réouvrir le bouquin toutes les 5 minutes, propres aux polars.

Néanmoins, c'est une très bonne lecture.

Mon coup de cœur sera pour les interludes entre les chapitres, où la narration passe aux autres personnages de l'histoire. L'auteur prend alors une écriture nouvelle pour faire passer des émotions.

Un peu comme un imitateur prend la voix de célébrités pour leur ressembler, ici l'auteur écrit différemment pour entrer dans l'esprit d'une bourgeoise dont l'unique soucis est sa fortune et sa descendance, ou dans la peau d'un attardé pour qui le monde est un univers étrange.

Sources : Jesse Kellerman sur Wikipedia

Ma note : 7,5/10
Ecriture : 3,5/5
Scénario : 4/5

2 sept. 2014

#494. A l'heure du porn roman, Leçons de sexe de Laurent Génépy (NSFW)

Ceux qui me connaissent depuis longtemps le savent, j'aime la littérature érotique. J'avais il y a longtemps, lu et chroniqué quelques romans gays, comme Winter's moon, Rapports de Force ou encore Tentation...

Ce week-end j'ai lu Leçons de Sexe de Laurent Génépy. Sur la couverture présentant un homme en petite tenue dont on ne se souvient plus après avoir tourné la page, juste sous le titre on peut lire "porn roman". Et le terme est ma foi fort bien choisi.


4ème de couverture : A tout juste 28 ans, Eric Faustino vient d'être promu professeur de sexe titulaire au Lycée François Sagat de Vyril-le-Jeune. Il est plus particulièrement chargé de la section gay d'un nouveau programme éducatif très spécial... Sa mission : former les jeunes gens qui lui sont confiés à la jouissance du corps aussi bien qu'à la libération de l'esprit. Ses atouts : une patience d'ange et un outil pédagogique qui se voit même depuis le fond de la classe. On ne s'étonnera pas que ses élèves en redemandent !

Dans ce bouquin de 124 pages, le concept est très simple et plutôt efficace : 6 chapitres, correspondant chacun a un cours que donne le jeune prof à ses encore plus jeunes élèves (mais tout juste majeurs cela dit). 


Et plus j'entre dans le bouquin, plus cela me saute aux yeux : ce roman est exactement construit comme un film porno, sans vrai scénario ni aucun enrobage, avec ses différentes scènes, de plus en plus hard. La première se concentre en effet sur le voyeurisme et les attouchements, jusqu'à la dernière ou tous les élèves, le prof, s'emmêlent et se démêlent dans un joyeux 

Pas grand chose donc à attendre d'une histoire plus ou moins exaltante. Pas captivant non plus à lire d'un bout à l'autre (comme un film porno cela dit). 



Concernant le style - chose étrange - l'ensemble du bouquin est écrit par dialogues. Aucune narration à la troisième personne, ce qui donne parfois lieu à une certaine lourdeur selon moi, chaque personnage prenant la parole pour décrire très précisément les scènes. Le but en était, je pense que les mots crus soient énoncés par les personnages, pour rajouter à l'excitation générale, mais c'est au final parfois un peu too much.

On notera que les métaphores sont nombreuses et originales. Les fans du genre sauront apprécier.

Leçons de sexe de Laurent Génépy
H&o editions : 10€ chez les mots à la bouche

8 juil. 2011

{Test#478} Orcs, La légion du tonnerre de Stan Nicholls

Je ne sais pas ce que j'ai à toujours commencer les trilogies par le tome 2, mais c'est une vraie manie chez moi. Et le pire c'est que je ne m'en rends pas compte. Mais cette fois la surprise fut plutôt bonne.

Orcs, tome 2 (donc), La légion du tonnerre de Stan Nicholls est en effet un roman à part entière, qui se lit et se comprend complètement sans avoir lu le 1.

"Mon nom est Stryke. Longtemps, il fut synonyme de mort et de désolation. Fier d'être né orc, j'ai mené mes guerriers à la victoire, portant haut la bannière de Jennesta, et j'ai tué trop d'humains pour me souvenir de tous ! Aujourd'hui, je sais qu'il y a une autre voie. En rêve j'ai vu un monde harmonieux où les orcs, les elfes, les nains et même les humains peuvent vivre en paix. 

Ce songe doit devenir réalité ! Poursuivi par les sbires de Jennesta, traqué par les chasseurs de primes, maudit par toutes les races ; je vaincrai ! Je vaincrai ou la guerre qui éclatera nous balaiera tous ! Dans la tourmente à venir, vous serez avec moi ou contre moi. Et sachez que la pitié est un luxe que je ne pourrai plus me permettre !"

Ce livre est intéressant pour plusieurs raisons. La première c'est que l'histoire, une quête d'artefacts pour changer le monde est plutôt bien ficelée. De toutes façons les quêtes ça marche toujours... Ensuite, ce qui est drôle dans ce bouquin, c'est que d'ordinaire, les orcs sont les méchants.

Que ce soit dans Le Seigneur des Anneaux, ou tous les romans de SF du genre, les Orcs sont toujours des bêtes sans émotion qui ne font que tuer sur leur passage. Ici c'est leur point de vue que nous avons, leur quête, leurs espoirs. C'est original, et apporte quelque chose au récit.

Les passages où les différentes races se rencontrent sont plutôt sympa. Ainsi un chapitre du livre se déroule dans une ville "terrain neutre" ou chacun doit déposer ses armes, sous peine de mort. Et là se promènent des elfes, des gobelins, des orcs ou des humains, et cette mixité est plutôt chouette à lire et à imaginer. Visuellement j'imaginais un peu des scènes de Star Wars, sur Tatooïne...

Je regrette juste un peu les scènes de combat, très longues et qui partent un peu en cacahuète des fois. A force de trop vouloir détailler, l'auteur en a fait des scènes pénibles à lire. Dommage.

En tous cas c'est une lecture franchement agréable, pour les amateurs d'héroïc fantasy du genre, en vente sur Amazon, à partir de 8 €, ou sur Itunes (pour une lecture sur Ipad) pour 4,99 €.

7 juin 2011

{Test#458} Rapports de Force, de Benjamin Schneid

Je viens tout juste de terminer le lecture du roman de Benjamin Schneid, Rapports de Force. J'avais lu et chroniqué un premier de ses écrits, la Tentation. Je n'ai donc pas été très surpris lorsque je suis tombé sur la première scène un peu olé olé du récit.

Car en effet, Benjamin Schneid écrit, très bien il faut l'avouer des romans gays un peu cochons sur les bords. Et comme je l'évoquais déjà à la lecture du premier roman, c'est une sensation assez étrange de lire du porno. Entre intérêt du récit et excitation naissante, c'est une façon assez bizarre de lire.

Synopsis : Alex préfère les amours d'un soir, ce n'est pas vraiment un sentimental. Lukas, un garçon désorienté, s'impose pourtant dans sa vie. Leur complicité évolue rapidement en de véritables rapports de force. Théo partage la vie de Conny dans une relation libre. Le fantasme de celle-ci : avoir deux hommes dans son lit, dont... Théo. Ce dernier finit par chercher conseil auprès de son ami Alex. 

Dans un sens j'ai aimé ce livre, qui ne parle pas que de sexe. Les rapports de force évoqués dans le titre ne sont pas que physiques. D'ailleurs je m'interroge sur le choix de la photo de couverture qui présente un homme, certes super canon, mais apparemment boxeur - sport dont il n'est pas question dans le livre.

Les principaux rapports de force sont dans le mental des protagonistes, qui luttent surtout contre eux-mêmes, se refusant d'admettre tout un tas de vérités. L'un qu'il n'est peut-être pas si hétéro qu'il le prétend. L'autre que ce qu'il recherche est peut-être plus qu'un coup d'un soir, cette dualité à l'intérieur des personnages est plutôt intéressante.

Le récit est bien amené, l'histoire se déroule à Berlin et les portraits des personnages bien déroulés, de sorte qu'on s'y attache plutôt vite, et la lecture n'en est que plus agréable.

Dans tout le roman, les scènes un peu chaudes sont elles-aussi très axées rapports un peu hard, avec chaque fois une notion de dominant, dominé, ce qui n'est somme toute pas pour gâcher le récit... Ça m'a franchement émoustillé plus d'une fois.

Là où je suis assez déçu finalement, c'est par le manque de morale de cette histoire. Ok, cette histoire ne parle pas d'un amour simple et facile, rangé et enviable.

Mais tout de même, entre les cuites complètement destroy que se prennent les personnages principaux, les soirées drogue, et une fin complètement amorale, où le héros se tape le bad-boy une dernière fois avant de se lancer dans une vraie relation (genre le beurre et l'argent du beurre, et le derrière du footballeur), on n'est carrément pas au royaume de Bambi.

Mais enfin cela reste une lecture fraîche, distrayante et qui titille l'imagination... Et pas que. 

Rapports de Force de Benjamin Schneid. Ed.Textes gais. 12,99 €. En vente en librairie également.

4 nov. 2010

{Test#303} Simplement Lui de Vincent Koch

Je viens de terminer Simplement Lui, de Vincent Koch. J'ai globalement bien aimé ce bouquin. Une histoire d'amour, simple et tellement compliquée à la fois, racontée avec les tripes.


4è de couv : Hugues. Mon meilleur ami. Lui et Moi. Moi et Lui. On se connaît. On ne se quitte pas. On ne se quittera pas. Il me connaît par coeur. Il sait ce que j'ai dans la tête. Pas besoin de parler. Parfois. On se comprend. C'est comme ça entre nous. Fusionnel.  
Une nuit, il est venu s'asseoir dans le lit avec moi. Il s'est endormi en parlant avec moi. J'ai rejoint Morphée aussi. Bien après. Au petit matin. 
Au réveil. Nous étions l'un contre l'autre. Les bras de l'un entourant ceux de l'autre. Je l'ai trouvé très beau. Je lui ai dit merci. Et un je t'aime est parti. Seul. Non voulu. C'est vrai que je l'aime. Il est plus qu'un frère. Je n'en ai pas. Plus qu'un père. Le mien n'est jamais là. C'est pas difficile de le remplacer. Il est plus que tout. Il m'a regardé. Sereinement. Il m'a dit : "Je t'aime aussi, petit con. "Il ne l'avait pas mal pris. Il était toujours là. Pas d'ambiguïté. Il a compris mon message. Tant mieux. On s'est dérobé. Décacheté. Avec nos érections matinales. On avait l'air de deux homos. Pas nous. Putain.

Ce qui est chouette dans ce livre, c'est que cette histoire, on la sent vraie. Pas de chichis, pas de romance à deux balles, ni d'envies de trop en faire. On est dans la vraie vie d'un vrai garçon, qui se rend compte au fur et à mesure du temps et des épreuves qu'il est amoureux de son meilleur ami. Qu'il est certainement homo, et qu'il va falloir qu'il deale avec ça pour le restant de sa vie.

On parle d'acceptation, du regard des autres, du coming out, de ces moments où on se cherche, où on ne sait pas très bien où on en est. Tout un tas de situations, de positions dans lesquelles on s'est déjà retrouvés, n'est-ce pas ? Et dans ces cas là, c'est plus facile d'être empathique.

L'ensemble du livre est construit comme un journal intime. D'ailleurs, en tournant la dernière page du dernier chapitre, j'en suis toujours à me demander si ce livre n'est pas le journal intime de Vincent. On entre dans sa tête, son coeur, et c'est écrit avec beaucoup de spontanéité. On est dans l'intimé du jeune homme. Et lui seul ferme la porte quand ça devient trop hot. Quand il le décide. 

Et avec la qualité de ce bouquin - son écriture intuitive et jetée, la proximité que l'on acquiert très vite avec Vincent - vient également son défaut, selon moi.

Je trouve que le style de Vincent est trop scandé. Trop écrit. Avec. Des points. Comme. Si on respirait. Par saccades. Et comme j'entends ce que je lis dans ma tête, lire ce bouquin m'a littéralement fait manquer de souffle. Comme si je venais de courir tout un footing. J'exagère mais l'idée est là, et c'est tout à fait personnel.

Mais dans l'ensemble, c'est une très jolie histoire. Etre amoureux de son meilleur ami, le désirer plus que tout, ça parlera à beaucoup, j'en suis convaincu. C'est simple, mais c'est lui.

Simplement Lui de Vincent Koch. 11,30 € à la Fnac.

1 sept. 2010

{Test#243} Escorte girl de Melody Nelson

La semaine dernière je vous disais qu'une amie m'avait fait cadeau de trois livres. Il s'agit de trois livres sur trois femmes, très différentes des unes des autres. Je vous ai raconté l'histoire de la reine d'Angleterre qui se met à lire, et cette semaine c'est une femme pas moins intéressante dont je vais vous parler. Il s'agit de Melodie Nelson, elle est québécquoise, elle a été escorte. Et elle nous raconte.


A la base, la jeune fille tenait un blog, où elle racontait ses ébats sexuels, les hommes qu'elle rencontrait, sa relation avec son copain, et ses années d'escorte. Et puis son blog est devenu, au Québec, une institution. Le blog star suivi par des milliers de gens à chaque post.

Alors elle a eu envie d'écrire un livre. Pour raconter, avec son style si simple comment elle a fait, non pas pour s'en sortir ou pour parler tout le mal que cette expérience lui a fait, non, non, non. Au contraire, c'est pour expliquer que c'est une expérience qu'elle ne regrettera pas, qui l'a enrichi, et qu'elle aime la bite (les en l'occurence) et que c'est pas pour autant que c'est une mauvaise fille.

Outre le langage très cru, qui décoifferait assurément certains de mes lecteurs, et qui n'était pas pour me déplaire (j'aime le porno en mots, je trouve ça beau), ce qui est sympa dans ce bouquin, c'est de voir comment elle est tombée amoureuse d'un autre homme que son mec, et comment elle arrivait à avoir à contrario cette relation avec un homme qui lui permettait tout et qu'elle aimait par habitude.

Ce que j'ai aussi aimé, c'est cette façon toute simple qu'elle a de comparer chaque fois les sexes qu'elle rencontre, les éjaculations qu'elle provoque, et quelques pages plus loin la lire se confier sur sa peur de l'avenir et sa façon de mettre son argent dans des enveloppes, une pour plus tard, une pour le loyer, et une pour les nouvelles chaussures qu'elle veut s'acheter le mois prochain.

Ce livre est vraiment plaisant, le style est enlevé et très frais, et j'ai vraiment passé un très bon moment à le lire. Et il paraitrait même qu'elle est en train d'en écrire un autre !



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30 mars 2010

{Test#96} L'assassin royal de Robin Hobb


Je suis en ce moment en train de lire un bouquin dans lequel je suis entré la tête la première. Cela faisait un moment que je n'avais pas eu cette sensation d'être en manque d'un livre. D'avoir hâte, à l'approche de ma pause déjeuner d'y être, non pas pour manger des super salades, ou des ravioles vapeurs, mais pour pouvoir me retrouver tout seul dans mon open space, avec un sandwich, et mon bouquin. Et y retrouver les personnages qui font voltiger mon imaginaire ces derniers jours.

Le livre dont il est question est le tout premier d'une série, mais je ne l'ai découvert qu'en l'ouvrant. Il s'agit de L'apprenti assassin, de la saga L'assassin Royal, en 13 tomes. Autant dire que je ne fais que commencer.

Quatrième de couverture : Au Royaume des Six-Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant, renonce à devenir roi-servant le jour où il apprend l'existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l'autorité de Burrich, le maître d'écurie. Mais le roi Subtil impose que Fitz reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L'enfant découvrira bientôt que le véritable dessein du monarque est tout autre : faire de lui un assassin au service du pouvoir royal. Et tandis que les attaques de Pirates Rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu'à un fil : celui de sa lame. 

Alors, alors, ça a l'air bien, non? De la fantasy médiévale, ça change ! Les personnages sont bien ficelés, l'écriture de Robin Hobb est facile d'accès et la traduction est bonne. Il faut juste passer une intro un peu longue, et les choses se mettent assez vite en place et les intrigues deviennent palpitantes. Le genre de bouquins qu'on imagine très bien adaptés en film. Qui sait ?

23 févr. 2010

J'ai testé... 3 livres électroniques sur Iphone

Cette semaine, pour vous parler bouquins, j'ai décidé de tester sur l'Iphone la fonction livre électronique, et je vous propose trois applications gratuites pour lire depuis son téléphone.

Le chemin qui menait vers vous est une expérience inédite. Il s'agit d'un livre interactif, où l'auteur, William Réjault, nous propose les premiers chapitres de son roman feuilleton. Les lecteurs peuvent réagir sur l'histoire, par facebook, twitter, ou le site internet dédié au livre. Prenant en compte ces réactions, envies, ou suggestions, l'auteur écrit ainsi la suite. Le site internet nous prévoyait 2 nouveaux chapitres par semaine, au prix de 0,79 € (les trois premiers étant gratuits), mais suite à des problèmes techniques, les chapitres 4 à 6 viennent juste de paraître, et gratuitement. Télécharger l'application
Synospsis : Avant les élections présidentielles de 2017, la France est plongée dans le chaos. Nourriture et essence se raréfient. L'administration tourne au ralenti. Guillaume est bien décidé à quitter Paris pour se diriger vers le pays basque. 

L'application Stanza est une plateforme de téléchargements de livres électroniques sur l'Iphone. Munie d'un catalogue énorme, elle propose des livres en différentes langues, et notamment toute une bibliothèque de livres du domaine public, proposés gratuitement. Des Fleurs du mal de Baudelaire aux Fables de La Fontaine, ou aux Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe, c'est un moyen génial d'avoir une multitude de classiques sous la main. Pour ce qui est du confort de lecture, cette application propose de modifier à volonté la mise en page, la couleur du fond ou du texte, les marges, paragraphes ou typographies, ce qui est très agréable. Télécharger l'application

Enfin, l'application Nelson, né pour nuire, est une bande dessinée à télécharger . Les histoires sont des strips de 3 ou 4 images, présentant un diablotin orange à l'humour sympa. On passe d'une image à l'autre juste en tapant sur l'écran. C'est sympa et pratique (mais ça se lit super vite). Les autres tomes de la bande dessinée sont disponibles en format papier chez vos libraires (si jamais vous adorez).

Mais alors, après avoir essayé tout ça qu'en est-il du côté électronique du livre, justement?
Lire sur l'Iphone est étonnamment aisé. Je n'ai pas ressenti de fatigue, on peut même parfois régler la luminosité de l'écran, si on lit dans son lit avec peu de lumière, par exemple. Passer les pages est pratique, certaines applications ajoutent même une animation pour qu'en glissant le doigt, le coin de page se tourne, comme un vrai livre.
Evidemment, pour partir en vacances, c'est très pratique. On peut emporter avec soi des centaines de livres, ou en acheter sur place du moment qu'il y ait une connexion internet, sans que ça ne prenne de place dans les bagages.
Mais je crois que je ne deviendrais jamais un féru du e-book. Peut-être suis-je vieux jeu, mais poser près de ses auteurs préférés un nouveau livre qu'on vient de dévorer, ouvrir un livre en cherchant son marque-page, ou feuilleter les pages et renifler l'odeur d'un bouquin, tout ça a un charme incontestable qu'on ne retrouvera jamais avec un livre électronique.

16 févr. 2010

J'ai testé... Imhotep, l'inventeur de l'éternité de Christian Jacq


Cette semaine, j'ai lu le dernier roman de Christian Jacq, Imhotep, l'inventeur de l'éternité, publié en ce début d'année aux éditions XO.

Synopsis : Pharaon est mort, l'Egypte vacille. Le farouche prince Djéser, décidé à fonder une nouvelle dynastie, sera t-il élu par le Grand Conseil, les dieux le désigneront-ils?
En cette période troublée qu'une force maléfique, l'Ombre rouge, compte exploiter pour établir le règne des ténèbres, un jeune artisan, Imhotep, découvre qu'il possède d'étranges pouvoirs. 
Comment pourrait-il imaginer son incroyable destin, lui, le foreur de vases appelé à devenir l'inventeur de l'éternité ?
De sa rencontre avec Djéser dépendra l'avenir d'une civilisation qui sera bâtie par l'intermédiaire de la première pyramide en pierres, gigantesque escalier unissant la terre au ciel. Embûches, sabotages et maléfices se multiplieront pour empêcher le pharaon et Imhotep de réaliser leur Grand Oeuvre. 

Je n'avais jamais lu de roman de cet auteur, et j'ai été assez agréablement surpris par la lecture fluide qu'il nous propose. C'est clair, c'est bien écrit, l'histoire est passionnante. Très vite, on se rend compte que le livre est extrêmement bien documenté, et que l'auteur n'est pas un simple écrivain, mais également un passionné d'archéologie et particulièrement de l'Egypte.

Je me souviens, quand j'étais au collège, l'Egypte était au programme d'histoire. Et ce doit être un des cours d'histoire que j'ai préféré dans toute ma scolarité. Le pays du Nil, ses Dieux, sa culture, son raffinement, tout ça a quelque chose de mystérieux et de tellement passionnant.

C'est dans tous ces souvenirs de magie et de mythologie que nous ramène Christian Jacq avec ce livre. D'un bout à l'autre du livre, on est tenu en haleine par l'énigme de l'ombre rouge.

Je regrette toutefois, de par l'écriture qui se rapproche de celle du conte, de nombreuses répétitions sur le caractère des personnages. De même, le fonctionnement des chapitres est trop souvent le même. L'ombre attaque, une force supérieure entre en jeu, et Imhotep est sauvé. Tout cela a quelque chose d'un peu simpliste. Enfin, je regrette aussi la fin, que je tairais ici. La révélation est trop vite expédiée.

De manière générale, je dirais que ce livre est à lire pour tous ceux qui sont en quête d'un roman historique, passionnés d'Egypte, ou de mythologie égyptienne.

Et pour ceux qui voudraient aller plus loin, et mettre des images sur les descriptions de l'auteur pendant la lecture du livre, quelques pages de renseignements ici,  , ou encore . Et pour tout simplement se faire une piqûre de rappel sur la mythologie égyptienne .

26 janv. 2010

J'ai testé... Pluie, un roman de Nicolas Valera

J'ai reçu hier le livre Pluie, de Nicolas Valera, publié en 2006 aux Editions Ankidoo.

La couverture, sombre,  présente la photo en clair obscur d'un garçon nu, ni belle ni moche. Curieux, je me rends sur le site du photographe, Jerôme Haffner, et suis plutôt agréablement surpris du reste de son travail. Beaucoup de jolies photos, et de clichés décalés et originaux. Ce n'était donc qu'un choix hasardeux.



J'entame le bouquin, et ne le ferme pas avant de l'avoir terminé. Le livre est facile à lire et le style travaillé. La construction du roman est claire, un puzzle de personnages qui s'emboîte tout au long de l'histoire, pour qu'enfin dans les derniers mots, chaque pièce trouve sa place.

Ce qui est très touchant dans cette histoire, c'est que je pense que chaque gay peut s'y retrouver, au moins un tout petit peu. Le livre est de la génération actuelle, et les références multiples sont là pour ancrer l'histoire avec notre époque. Les lieux, les icônes, tout est très juste, et c'est donc très vite qu'on se sent proche du, des personnages.

D'un autre côté, je ne pense pas être totalement le coeur de cible de ce roman. Lorsque je me retrouve dans les personnages, c'est à l'âge de Bastien, le héros, tout juste 20 ans. Et c'est avec bienveillance que je perçois ce livre, persuadé par ailleurs que pour tout ce qu'il véhicule, il doit être d'une aide bien plus grande à tous ces jeunes homos mal dans leur peau, perdus entre l'acceptation de leur sexualité et le monde qui les entoure.

Une petite remarque tout de même, au héro qui classe les hommes en deux clans : les jeunes qui ont moins de 25 ans, et les vieux, qui en ont donc plus. Être passé du côté des vieux si vite a fini de me convaincre que le regard que je portais sur ce livre était presque paternaliste.

L'intrigue est bien trouvée. Les personnages sont travaillés, mais chaque noeud de l'histoire, malheureusement, je l'avais pressenti. Il manque peut-être juste un tout petit quelque chose pour que les secrets soient enfouis un peu plus profond, jusqu'au bon moment, et que le roman devienne une perle.

Toutefois, c'est vraiment un livre que je conseille particulièrement à tous les homos qui se découvrent ; les petits gays de province qui viennent juste de croiser leur premier amour, à ceux qui veulent monter à Paris pour connaître la vraie vie. Et notez ce nom : Nicolas Valera. Son style fluide et son imagination feront certainement éclore dans les prochaines années de nouveaux romans, qui vaudront la peine, et plutôt deux fois qu'une, d'être lus.